Anecdotes

Extrait de " Le libre penseur de France." Du 9 février 1927.

                        La maison du pécheur ou le Dieu argent.

  Dans la commune de Saint-Viâtre (Loir-et Cher), vivait, jadis, une jeune fille alors rêveuse aux heures plutôt nocturnes. Tout était permis aux vierges 

antiques, même à celles prétendues telles qui accompagnaient  Jésus à travers ses pérégrinations alors qu'il s'essoufflait à gravir les pentes arides de la 

montagne des Oliviers. Notre héroïne s'ancrant dans l'habitude des promenades du soir, rencontra quelqu'un qui trouva à faire, ça déplaisait à M. le curé, 

la légende ne sut dire pourquoi. Françoise, elle, ne s'émotionna pas pour si peu et son vagabondage nuital continua. Il continua si bien qu'elle fut touchée 

par le Saint-Esprit, et un beau jour mit au monde un gosse de père inconnu. Apprenant cela le curé d'alors fit autour de cet événement un sabbat de chien 

galeux.Il prêcha,  prêcha et fit bannir la pauvresse de la maison de Dieu, l'Eglise ; la sacristie, saint lieu du derrière de l'autel ou les filles de la Société 

étaient admises lui fut désormais défendue. Ne s'étant pas trouvée mal à l'aise malgré les prêches du curé, ni de l'anathème jeté sur elle, Françoise, 

sans se soucier de l'homme enjuponné ne sût sans doute encore une autrefois tenir le sien baissé, qu'à nouveau le Saint Esprit la piqua suffisamment 

qu'elle fut touchée par sa grâce, aussi neuf mois après elle se répétât et mit au monde un deuxième gosse. Ah I nom des dieux et des saints du paradis,

 qu'est-ce qui lui arriva alors I Cette fois elle fut ex-communiée pour l'éternité de son existence. Comprenant qu'à jouer à ce jeu ou à tous les coups 

elle gagnait, notre Françoise qui n'en était pas moins restée brave fille trima comme de plus belle et malgré la misère éleva toute seule ses deux marmots 

sans aucun autre concours que celui de son travail. 

Restée bonne chrétienne, pensant aux paroles de son Seigneur : « Croissez et multipliez », un beau jour de fête elle eut l'idée d'aller à la messe. 

Le curé monta en chaire au moment  elle trempait ses doigts dans le bénitier, l'homme du bon Dieu étendit son bras vers elle et de son index la montra à 

l'assistance, d'une voix de stentor cria ; « N'est-il pas désolant qu'une brebis galeuse ose franchir le seuil de cette enceinte ». Le saint homme dut

s'arrêter là, car dans l'assistance se produisit un peu de houle et Françoise, bien connue de la grande majorité des fidèles, qui dépuis longtemps la suivait 

dans sa vie de labeur, lui voyant porter un aussi lourd fardeau prirent cause pour elle et ne se gênaient pas pour dire qu'ils croyaient que la Maison

de Dieu était ouverte aux cheurs. Françoise, honteuse, mais digne, se retira. 

  A quelque temps d'intervalle vint dans le pays un jeune homme, mécanicien de tier, il épousa Françoise, la malheureuse fille-mère. Il n'était pas 

le père des enfants. Ils se marièrent religieusement. Les portes de l'église s'ouvrirent à deux battants, il y eut. grand'messe et « y avait » pour le noireaud,

il touchait de l'argent ! Il était devenu tolérant ; ce fut la victoire de la fille-mère épousée grâce à ses vertus d'ouvrière sur le curé paresseux ne vivant

que de la bêtise des autres. 

L'auteur de cet article a vécu l'histoire. 

 

Extrait de "Mémoires de la société historique,..". Edition 1868-1945.

Légendes relative à la Malnoue: rivière souterraine de Sologne:...Cette nappe d'eau alimente en Sologne d'innombrables sources donnant naissance à une multitude de ruisseaux aux eaux fraiches et vives. Tantôt elle apparaît à la surface en eaux jaillissantes,..., tantôt elle se fait jour dans les forages et dans les puits sous forme d'eaux remontantes. Il arrive assez fréquemment dans le creusage des puits, que lorque l'on attaque cette veine aquifère, les eaux se précipitent impétueuses, et, faute de moyens d'épuisements suffisants, l'on a été  plus d'une fois forcé d'abandonner les travaux. C'est ce qui se produisit au puits du château du Chêne, à Salbris. Le puits à marne des vallées, de Saint Viatre, ne put, malgré tous les efforts, être épuisé. L'eau remontante y atteignait l'orifice, venant de 17 mètres de profondeur. Le forage fut poussé jusqu'à 50 mètres à la recherche de couches absorbantes. celles-ci furent atteintes et noyées, sans autre résultat que d'abaisser le niveau des eaux à 0 m. 80 au-dessous de l'orifice.

   Ce vaste réservoir, c'est la Malnoue. Partout, en Sologne, la Malnoue est connue, partout elle est redoutée comme un danger latent, et son nom même porte l'empreinte des méfaits qui lui sont attribués.

   Pour les Solognots, c'est un fleuve immense passant à ciel ouvert sous tout le pays dans un vaste tunnel. Là, on l'entend bruire et gronder,..., lors des pluies calamiteuses, derrière la plaque de la cheminée surchauffée par les grands feux d'hiver, on l'entend grésiller. Aussi de temps immémorial, n'a-t-on déplacé dette plaque, quelques réparations qu'il y eut à faire à l'âtre, de peur que la plaque une fois levée, la Malnoue ne se précipitât et engloutît la ferme et les environs.

   Sur une réalité d'hydrographie géologique, la légende est venue broder ses récits merveilleux...
       

 

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